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Versets réconfortants : 35 passages pour les jours difficiles

Cette page ne va pas illuminer magiquement votre journée. Il vaut mieux le préciser d'emblée, car la plupart des articles promettant des versets réconfortants vous assènent des formules enjouées qui sonnent totalement creux. Ce que les Écritures offrent réellement quand tout pèse lourdement ressemble bien plus à une présence fidèle qu'à une joie forcée. Dieu auprès de ceux qui ont le cœur brisé. Un homme en larmes devant un tombeau. Des prières pleines de reproches auxquelles Dieu ne fait aucun grief. Les 35 versets ci-dessous sont présentés avec leur auteur et leur contexte historique, car un verset ancré dans sa réalité porte bien plus qu'une citation isolée. Je suis le fondateur d'Ave, une application de verset du jour, c'est pourquoi ce sujet me tient à cœur. Les versets bibliques sont issus de traductions reconnues du domaine public (Segond 1910).

<h2 id="alone">Quand vous avez besoin de savoir que vous n'êtes pas seul</h2>

Psaume 34:19, sur l'endroit où Dieu se tient

L'Éternel est près de ceux qui ont le cœur brisé, et il sauve ceux qui ont l'esprit dans l'abattement.

David écrit cela après avoir échappé à un roi ennemi en feignant la folie — l'épisode le moins héroïque de sa vie. Ce verset n'affirme pas que les cœurs brisés sont instantanément réparés, ni que cette épreuve avait une visée précise. Il décrit une proximité. Quoi que vous traversiez, la promesse concerne la présence divine à vos côtés.

Ésaïe 43:2, sur ce que les eaux ne feront pas

Si tu traverses les eaux, je serai avec toi ; et les fleuves, ils ne te submergeront point ; si tu marches dans le feu, tu ne te brûleras pas, et la flamme ne t'embrasera pas.

Ces paroles s'adressent à Israël confronté à l'exil, non à un individu isolé. Observez bien les verbes : traverser, passer, marcher. Le texte ne prétend à aucun moment que l'eau sera asséchée avant votre passage. La promesse est celle d'un accompagnement au cœur même de l'épreuve, une réalité bien plus solide et durable qu'une fuite immédiate.

Deutéronome 31:8, un discours de passation de pouvoir

L'Éternel marchera lui-même devant toi, il sera lui-même avec toi, il ne te délaissera point, il ne t'abandonnera point ; ne crains point, et ne t'effraie point.

Moïse s'adresse à Josué devant le peuple réuni, le jour même où il lui cède le pouvoir et apprend qu'il ne traversera pas le fleuve. Le contexte est celui d'un renoncement douloureux, non d'un triomphe. Il est essentiel de s'en souvenir, car cette phrase est souvent citée comme si elle avait été prononcée un jour de fête.

Psaume 139:7 à 10, sur les lieux où Dieu se trouve

Où irais-je loin de ton esprit, et où fuirais-je loin de ta face ? Si je monte aux cieux, tu y es ; si je me couche au séjour des morts, t'y voilà. Si je prends les ailes de l'aurore, et que j'aille habiter à l'extrémité de la mer, là aussi ta main me conduira, et ta droite me saisira.

Le séjour des morts (le Shéol) dans la pensée hébraïque est le lieu le plus bas qu'un être humain puisse concevoir. Le psalmiste l'évoque délibérément, aux côtés des cieux et du bout du monde. Il ne cherche pas à vous consoler avec des mots doux, mais à décrire une présence absolue, capable de vous rejoindre jusque dans les abîmes les plus inattendus.

Psaume 23:4, sur la traversée de la vallée

Quand je marche dans la vallée de l'ombre de la mort, je ne crains aucun mal, car tu es avec moi : ta houlette et ton bâton me rassurent.

L'image du berger traverse tout le psaume. Sa houlette et son bâton étaient des instruments de travail concrets, non de simples symboles. Remarquez que la vallée est traversée et non contournée, et que le réconfort réside dans l'équipement d'un guide présent à nos côtés. Rien n'indique que la traversée sera brève.

Psaume 145:18, sur la seule condition requise

L'Éternel est près de tous ceux qui l'invoquent, de tous ceux qui l'invoquent avec sincérité.

Ce verset figure dans un poème alphabétique de louange attribué à David. La seule condition posée est la vérité du cœur, et non l'éloquence ou la sérénité. Invoquer Dieu en vérité est une exigence accessible : elle ne vous demande pas de masquer vos émotions avant de vous adresser à lui.

Exode 33:14, la réponse faite à un guide épuisé

L'Éternel répondit : Je marcherai moi-même avec toi, et je te donnerai du repos.

Moïse vient de plaider sa cause avec force. Le peuple a façonné le veau d'or, l'avenir du projet vacille, et Moïse affirme clairement à Dieu qu'il n'avancera pas sans lui. La réponse divine accorde sa présence et le repos. Elle ne promet ni un chemin plus aisé, ni un peuple plus docile à guider.

<h2 id="pray">Quand vous n'arrivez plus à prier</h2>

Romains 8:26, sur la prière qui reste muette

De même aussi l'Esprit nous aide dans notre faiblesse, car nous ne savons pas ce qu'il nous convient de demander dans nos prières ; mais l'Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables.

Paul écrit cela au milieu d'un passage sur les souffrances de la création et l'attente des croyants. Le terme grec pour « aide » évoque l'action de porter une charge avec quelqu'un. L'apôtre considère qu'ignorer comment prier est parfaitement naturel, et que cette défaillance est déjà prise en charge.

Psaume 62:9, sur ce qu'il vous est permis d'exprimer

En tout temps, peuples, confiez-vous en lui, répandez vos cœurs en sa présence ! Dieu est notre refuge.

L'action de répandre est une métaphore liquide : dans la Bible hébraïque, elle désigne un vase que l'on vide entièrement sans rien retenir. David s'adresse à la foule dans un psaume où il affronte la calomnie. Ce que l'on déverse devant Dieu n'a pas besoin d'être édulcoré, contrairement à ce que l'on enseigne souvent sur la prière.

Psaume 142:2 à 3, la plainte comme véritable prière

De ma voix je crie à l'Éternel, de ma voix j'implore l'Éternel. Je répands ma plainte devant lui, je lui raconte ma détresse.

Le titre situe ce poème dans une caverne, durant les années où David fuyait sans relâche. La « plainte » n'est pas un égarement ou un manque de foi. C'est une démarche reconnue de la prière hébraïque, disposant de son propre vocabulaire, qui constitue ici le cœur même du dialogue avec Dieu.

Psaume 6:7, le verset que personne n'affiche

Je m'épuise à force de gémir ; chaque nuit mon lit est baigné de mes larmes, mon lit est arrosé de mes pleurs.

La poésie hébraïque use volontiers d'hyperboles. L'essentiel est que ce verset ait été préservé : quelqu'un a couché par écrit cette nuit de larmes, le texte a été mis en musique, chanté au temple et transmis sans chercher à atténuer sa crudité.

Psaume 77:2 à 3, quand l'âme refuse d'être consolée

Ma voix s'élève à Dieu, et je crie ; ma voix s'élève à Dieu, et il m'écoutera. Au jour de ma détresse, je cherche le Seigneur ; la nuit, mes mains sont étendues sans se lasser ; mon âme refuse toute consolation.

Le chantre Asaph est mentionné en titre. L'expression marquante est la dernière : refuser la consolation est souvent perçu comme une erreur spirituelle. Ici, elle est simplement constatée à la première personne par un croyant qui continue pourtant de prier.

Psaume 22:2 à 3, les paroles reprises par Jésus

Mon Dieu ! mon Dieu ! pourquoi m'as-tu abandonné, et t'éloignes-tu sans me secourir, sans écouter mes plaintes ? Mon Dieu ! je crie le jour, et tu ne réponds pas ; la nuit, et je n'ai point de repos.

Selon Matthieu et Marc, Jésus cite le premier verset sur la croix, en araméen. Il reprenait un psaume familier : le cri d'abandon le plus saisissant de la Bible figurait déjà dans le recueil de chants d'Israël. Le verset suivant est encore plus rude : le psalmiste y constate l'absence absolue de réponse.

Exode 2:23 à 24, un cri sans destinataire précis

Les enfants d'Israël gémissaient encore sous la servitude, et poussaient des cris. Ces cris, que leur arrachait la servitude, montèrent jusqu'à Dieu. Dieu entendit leurs gémissements, et se souvint de son alliance avec Abraham, Isaac et Jacob.

Observez attentivement la formule : le texte ne dit pas qu'ils ont formulé une prière structurée. Ils ont simplement gémi, et ce soupir est parvenu à Dieu. Ce passage montre qu'une simple plainte sans paroles, poussée par des êtres à bout de forces, est entendue comme une véritable prière.

<h2 id="grieving">Quand vous traversez le deuil</h2>

Jean 11:35, le plus court verset de la Bible

Jésus pleura.

Lazare repose au tombeau depuis quatre jours et Jésus s'apprête à le ressusciter quelques instants plus tard. Il le sait pertinemment. Pourtant, il pleure. Les versets voisins soulignent à quel point il fut profondément ému et troublé. Le deuil n'est en rien considéré ici comme un manque d'espérance.

Psaume 56:9, sur les larmes recueillies

Tu comptes les pas de ma vie errante ; recueille mes larmes dans ton outre : ne sont-elles pas inscrites sur ton livre ?

Ce passage se rattache à la fuite de David chez les Philistins à Gath. Que le terme hébreu désigne une outre ou un vase, l'image demeure saisissante : les larmes ne sont ni méprisées ni oubliées, elles sont précieusement dénombrées, une à une.

Apocalypse 21:4, l'essuyage des larmes

Il essuiera toute larme de leurs yeux, et la mort ne sera plus, et il n'y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur, car les premières choses ont disparu.

Jean décrit ici le monde renouvelé à des communautés persécutées. Il s'agit d'une promesse pour l'éternité et non d'une solution immédiate pour les jours à venir. Mais ce texte rappelle surtout que les larmes sont là pour être essuyées : personne ne nous demande de cesser de pleurer prématurément.

2 Corinthiens 1:3 à 4, la consolation partagée

Béni soit Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ, le Père des miséricordes et le Dieu de toute consolation, qui nous console dans toutes nos afflictions, afin que, par la consolation dont nous sommes l'objet de la part de Dieu, nous puissions consoler ceux qui se trouvent dans quelque affliction !

Paul ouvre son épître sans les formules habituelles de remerciement, confiant plus loin avoir été accablé au-delà de ses forces, au point de désespérer de vivre. Le réconfort qu'il évoque n'a rien de théorique : il découle d'une réalité qu'il a d'abord dû recevoir lui-même.

Romains 12:15, ce que les autres sont appelés à faire

Réjouissez-vous avec ceux qui se réjouissent ; pleurez avec ceux qui pleurent.

Au cœur d'une série de recommandations pratiques à l'Église de Rome, cette directive s'adresse à l'entourage. Elle demande de s'accorder à l'état émotionnel de l'autre plutôt que de vouloir le corriger, sans jamais lui imposer de limite de temps.

Ecclésiaste 3:4, chaque chose en son temps

un temps pour pleurer, et un temps pour rire ; un temps pour gémir, et un temps pour danser

Ce célèbre poème juxtapose les contrastes de l'existence sans établir de hiérarchie : les pleurs ne sont pas une phase qu'il faudrait écourter à tout prix. L'Ecclésiaste refuse les platitudes faciles, ce qui explique sa pertinence lorsque la Bible aborde les paradoxes de la vie.

Ésaïe 53:3, un portrait prophétique

Méprisé et abandonné des hommes, homme de douleur et habitué à la souffrance, semblable à celui dont on détourne le visage, nous l'avons dédaigné, nous n'avons fait de lui aucun cas.

La tradition chrétienne voit dans ce quatrième chant du Serviteur une figure de Jésus, tandis que les commentateurs juifs y voient l'histoire d'Israël. Les deux lectures partagent une même vérité : l'expression « habitué à la souffrance » décrit une intimité profonde avec la peine, bien loin d'un chagrin passager.

<h2 id="worthless">Quand vous vous sentez sans valeur</h2>

Psaume 139:13 à 14, un tissage patient

C'est toi qui as formé mes reins, qui m'as tissé dans le sein de ma mère. Je te loue de ce que je suis une créature si merveilleuse. Tes œuvres sont admirables, et mon âme le reconnaît bien.

Après douze versets décrivant un regard divin omniprésent — qui pourrait sembler intimidant —, la perspective s'éclaire. L'émerveillement traduit une admiration respectueuse face à une création voulue, façonnée avec soin et intention.

Ésaïe 43:1, appelés par notre nom

Ne crains rien, car je te rachète, je t'appelle par ton nom : tu es à moi !

Ces mots s'adressent au peuple d'Israël, à qui Dieu réaffirme son attachement malgré ses égarements passés. Le rachat dans le monde antique désignait l'action d'un proche payant un prix pour libérer les siens. L'accent est mis sur l'appartenance inconditionnelle, et non sur le mérite personnel.

Luc 12:6 à 7, le compte des passereaux

Ne vend-on pas cinq passereaux pour deux sous ? Cependant, aucun d'eux n'est oublié devant Dieu. Et même les cheveux de votre tête sont tous comptés. Ne craignez donc point : vous valez plus que beaucoup de passereaux.

Les passereaux constituaient la nourriture la plus modeste. Jésus précise que pour deux sous on en obtenait cinq : le cinquième était simplement donné en surplus. C'est précisément cet oiseau sans valeur marchande que Dieu n'oublie pas, pour rappeler combien l'être humain compte à ses yeux.

Sophonie 3:17, un chant de joie

L'Éternel, ton Dieu, est au milieu de toi, comme un héros qui sauve ; il fera de toi sa plus grande joie ; il gardera le silence dans son amour ; il aura pour toi des transports d'allégresse.

Après plusieurs chapitres d'avertissements sévères, cette déclaration résonne avec un éclat particulier. Certaines traductions précisent qu'il « se réjouira à ton sujet avec des chants d'allégresse ». Dans tous les cas, c'est Dieu lui-même qui exprime son affection avec force.

Ésaïe 49:15 à 16, un attachement indéfectible

Une femme oublie-t-elle l'enfant qu'elle allaite ? N'a-t-elle pas pitié du fruit de ses entrailles ? Quand elle l'oublierait, moi je ne t'oublierai point. Voici, je t'ai gravé sur mes mains ; tes murs sont toujours devant mes yeux.

Le texte répond à ceux qui se croient délaissés de Dieu sans balayer leur plainte. Il prend pour mesure le lien d'amour humain le plus fort, tout en rappelant que même celui-ci peut faillir, à la différence de l'engagement divin. L'image de l'inscription gravée dans la paume évoque une trace ineffaçable.

1 Samuel 16:7, sur la réalité du regard

Ne prends point garde à son apparence et à la hauteur de sa taille, car je l'ai rejeté. L'Éternel ne considère pas ce que l'homme considère ; l'homme regarde à ce qui frappe les yeux, mais l'Éternel regarde au cœur.

Samuel cherche à désigner un roi et s'apprête à négliger le plus jeune fils resté au troupeau. Cette parole est une mise en garde adressée au prophète lui-même : elle rappelle à celui qui juge que les apparences humaines sont toujours trompeuses.

Romains 5:8, la preuve ultime

Mais Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous.

Paul souligne qu'il est rare de donner sa vie, même pour un homme juste. Tout son raisonnement repose sur l'expression « lorsque nous étions encore ». Cet amour n'a pas attendu que nous soyons parfaits : il s'est manifesté au cœur même de notre faiblesse.

<h2 id="unchanged">Quand rien ne semble changer</h2>

Cette section s'adresse à ceux qui traversent une routine pesante. Si vous cherchez un élan d'énergie pour continuer, consultez notre sélection de versets bibliques pour persévérer. Précisons-le avec clarté : lorsqu'une détresse s'installe dans la durée, un soutien médical peut être indispensable, et la foi n'a jamais été incompatible avec les soins.

Lamentations 3:21 à 24, une décision intérieure

Voici ce que je veux repasser en mon cœur, ce qui me donnera de l'espérance. Les bontés de l'Éternel ne sont pas épuisées, ses compassions ne sont pas à leur terme ; elles se renouvellent chaque matin. Oh ! que ta fidélité est grande ! L'Éternel est mon partage, dit mon âme ; c'est pourquoi je veux espérer en lui.

Ces versets sont tirés d'un livre de complaintes rédigé après la destruction de Jérusalem, succédant immédiatement à des lignes d'une immense amertume. Rappeler ces vérités est un acte volontaire accompli alors que rien n'a encore changé à l'extérieur. Le livre s'achève d'ailleurs sans dénouement joyeux. Ces paroles nourrissent également notre réflexion sur le renouvellement spirituel et les nouveaux départs.

Psaume 13:2 à 3, le cri de l'attente

Jusqu'à quand, Éternel ! m'oublieras-tu sans cesse ? Jusqu'à quand me cacheras-tu ta face ? Jusqu'à quand aurai-je des soucis dans mon âme, et chaque jour du chagrin dans mon cœur ? Jusqu'à quand mon ennemi s'élèvera-t-il contre moi ?

Quatre fois de suite retentit la même interrogation angoissée. La tradition des psaumes de lamentation fait de cette répétition un cri direct : le croyant interpelle Dieu sur son silence. Le psaume finit par s'apaiser, mais sans effacer pour autant ces premiers versets de détresse.

Habacuc 3:17 à 18, la louange au milieu des ruines

Car le figuier ne fleurira pas, la vigne ne produira rien, le fruit de l'olivier manquera, les champs ne donneront pas de nourriture ; les brebis disparaîtront du pâturage, et il n'y aura plus de bœufs dans les étables. Toutefois, je veux me réjouir en l'Éternel, je veux me réjouir dans le Dieu de mon salut.

Habacuc a longuement interrogé Dieu sur l'injustice ambiante, apprenant en réponse qu'une invasion menace le pays. C'est sur ce constat qu'il conclut son livre. Toutes les propositions décrivent une ruine matérielle complète, et la foi s'exprime ici non après la délivrance, mais en plein cœur du dénuement.

Psaume 130:1 à 2, prier depuis l'abîme

Du fond de l'abîme je t'invoque, ô Éternel ! Seigneur, écoute ma voix ! Que tes oreilles soient attentives à la voix de mes supplications !

L'« abîme » évoque les eaux profondes où l'on perd pied. Ce psaume figurait parmi les chants de pèlerinage entonnés sur la route par les croyants ordinaires : prier depuis les profondeurs de l'angoisse était considéré comme une expérience humaine normale.

Job 2:13, l'attitude juste des amis

Et ils se tinrent assis à terre auprès de lui sept jours et sept nuits, sans lui dire une parole, car ils voyaient combien sa douleur était grande.

On se souvient souvent des amis de Job pour leurs discours déplacés. Pourtant, leur première réaction fut exemplaire : une semaine entière passée en silence à ses côtés sur le sol, conscients qu'aucune parole ne pouvait apaiser un tel drame. Cela demeure sans doute le geste le plus bienveillant de tout le récit.

Psaume 42:6, persévérer dans le dialogue avec soi-même

Pourquoi t'abats-tu, mon âme, et gémis-tu au dedans de moi ? Espère en Dieu, car je le louerai encore ; il est mon salut et mon Dieu.

Ce refrain revient à trois reprises dans les psaumes 42 et 43, qui ne formaient à l'origine qu'un seul et même poème. L'auteur formule sa foi, retombe dans l'abattement, puis s'exhorte à nouveau. Cette répétition témoigne de la réalité des luttes intérieures où une seule tentative ne suffit pas toujours.

Psaume 40:2 à 3, une attente prolongée

J'avais mis en l'Éternel mon espérance ; et il s'est incliné vers moi, il a écouté mes cris. Il m'a fait remonter de la fosse de destruction, du fond de la boue ; et il a dressé mes pieds sur le roc, il a affermi mes pas.

Le texte hébreu insiste sur la durée de l'attente. Rédigé rétrospectivement, ce psaume ne précise jamais combien de temps dura l'épreuve, décrivant avec réalisme la sensation d'un sol boueux qui se dérobe sous nos pas.

<h2 id="psalm-88">Le psaume qui s'achève dans l'obscurité</h2>

Le Psaume 88 est rarement lu en public. Attribué à Héman l'Ézrachite, il s'ouvre en désignant Dieu comme « le Dieu de mon salut », avant de s'enfoncer dans une noirceur constante durant dix-sept versets.

Éternel, Dieu de mon salut ! Je crie jour et nuit devant toi. (Verset 2)

Pour s'achever ainsi :

Tu as éloigné de moi mes amis, mes compagnons ; mes intimes ont disparu dans les ténèbres. (Verset 19)

C'est la dernière phrase. Aucun retournement, aucune consolation finale. Comme le soulignait le bibliste Franz Delitzsch, la mélancolie ne s'y dissipe jamais pour faire place à l'espérance. C'est sans doute le texte le plus sombre de tout le psautier.

Cette conclusion n'est pas le fruit d'un oubli. La complainte forme un genre à part entière dans les Psaumes, comprenant généralement une adresse, l'exposé du trouble, une supplication et un engagement à louer. Selon les spécialistes de l'Ancien Testament, les psaumes de lamentation représentent environ un tiers, voire 40 % de l'ensemble du recueil. L'expression de la douleur n'est pas une anomalie dans la Bible, c'est l'un de ses registres majeurs.

Ce qui rend le Psaume 88 précieux pour les jours sombres, c'est le choix délibéré de l'avoir conservé dans le canon des Écritures. Les rédacteurs ont gardé cette prière qui commence dans la détresse, s'y maintient et s'arrête sans solution. Israël l'a chantée, l'Église en a hérité, sans jamais lui ajouter artificiellement une conclusion rassurante.

Si votre journée ne s'illumine pas, ce psaume témoigne qu'une telle souffrance a toute sa place dans la foi. C'est une consolation bien plus profonde que les promesses d'amélioration rapide. Cela montre aussi à quel point lire un passage avec son contexte transforme notre regard : isolé, ce verset semble désespéré ; intégré au recueil, il devient une authentique prière.

Questions fréquentes

Quels sont les versets bibliques les plus réconfortants ? Les passages les plus cités sont le Psaume 34:19, Ésaïe 43:2, le Psaume 23:4 et Sophonie 3:17. Leur force commune ne réside pas dans un optimisme de façade, mais dans l'assurance de la présence de Dieu au cœur même de l'épreuve.

Que dit la Bible sur les mauvais jours ? Les Écritures reconnaissent pleinement la rudesse de certaines journées. À côté des textes de paix, les Psaumes contiennent de nombreuses plaintes restées sans réponse immédiate, et l'Ecclésiaste rappelle que les temps difficiles font partie intégrante de la condition humaine.

Est-ce un péché d'être triste pour un chrétien ? Aucun texte ne le soutient. Jésus a pleuré devant un tombeau, Paul a confié avoir été accablé au-delà de ses forces, et près d'un tiers des Psaumes expriment la détresse. La Bible accueille la tristesse avec bienveillance, sans jamais la condamner.

Quels versets lire quand on se sent seul ? Le Psaume 139:7 à 10, le Deutéronome 31:8, le Psaume 145:18 et l'Exode 33:14 abordent directement l'isolement. Ils rappellent que Dieu demeure présent dans les lieux et les moments où l'on craint le plus d'être abandonné.

Qu'est-ce qu'un psaume de lamentation ? C'est une prière structurée exprimant la douleur : le croyant s'adresse à Dieu, expose son affliction et implore son secours. Environ un tiers du psautier appartient à ce registre, dont le Psaume 13 offre un exemple particulièrement limpide.

Pourquoi le Psaume 88 figure-t-il dans la Bible sans note d'espoir ? Sa présence atteste qu'une prière peut se terminer sans soulagement immédiat tout en restant parfaitement légitime. Pour ceux qui traversent une souffrance persistante, cette vérité offre un apaisement plus sincère que des encouragements superficiels.

Que prier quand on ne trouve plus les mots ? Romains 8:26 rappelle que l'Esprit intercède pour nous par des soupirs inexprimables. Le Psaume 62:9 et le Psaume 142:2 à 3 invitent simplement à déposer son fardeau tel quel devant Dieu, sans chercher à ordonner ses pensées.

Si la peine persiste aujourd'hui

Certaines journées restent difficiles, et aucun des passages bibliques cités ne vous demande de prétendre le contraire. Leurs auteurs écrivaient depuis l'exil, les cavernes, le deuil ou la détresse, et ces écrits nous sont parvenus parce qu'ils ont été jugés essentiels dans toute leur authenticité.

Ave vous propose chaque jour un verset du jour accompagné d'une méditation simple et claire. Recevoir une parole sans avoir à la chercher soi-même est parfois le plus grand des soutiens.